Curcuma et cancer
Utilisation du curcuma associé avec la radiothérapie
Recommandations d’usage
Des laboratoires proposent des gélules d’extraits de curcuma qui sont alors de la curcumine (principe actif isolé), souvent associées à de la pipérine (extrait du poivre) : les doses vont varier suivant les laboratoires. Certains laboratoires l’associent avec de la broméline (trouvé dans l’ananas notamment) qui améliore également l’absorption.
Recommandations particulières Pas de recommandations particulières si la curcumine est absorbée en doses alimentaires (moins d’une cuillère à café par jour de curcuma). En cas de prise d’anticoagulants et d’antiplaquettaires (risque d’hémorragies), ou dans les cas d’ulcéres gastro-duodénaux, et de calculs biliaires, ne pas dépasser 300 mg de curcumine (soit 1 cuillère à soupe de curcuma) tous les deux jours. Prise de fortes doses déconseillées pendant la grossesse par précaution. Bien qu’on ne signale aucun cas d’effet indésirable lié à la consommation de curcuma durant la grossesse compte tenu de leur importante consommation par les populations indiennes sans effet secondaire à ce niveau, certains auteurs estiment cependant qu’en raison de son emploi « traditionnel » pour traiter l’aménorrhée (absence de menstruations), les femmes enceintes devraient éviter de prendre de fortes doses de curcuma ou d'extrait de curcuma.
Dr Jean Loup Mouysset oncologue médical Aix en Provence Président fondateur de l’association Ressource Soutien des personnes atteintes de cancer et leur entourage www.association-ressource.org * Des chercheurs de l’institut de Roswell Park (New York) ont testé plusieurs régimes sur 5 groupes de souris. Le premier groupe a eu une régime « standard ». le second groupe a été nourri avec du concentré de brocoli afin de vérifier l’innocuité du concentré. Les 3 autres groupes ont reçu de la N-butyl-N-Nitrosamine, connu provoquer des cancers de vessie. Deux de ces groupes ont également reçu du concentré de brocoli riche en sulfuraphane. Résultats : dans le groupe contrôle et le groupe nourri avec du brocoli, aucune tumeur ne s’est déclarée dans la vessie des rats. Dans le groupe recevant de la nitrosamine, 96% des rats ont eu des tumeurs. Par comparaison, seulement 38% des rats ayant reçu de la nitrosamine accompagnée de brocoli à haute dose ont développé un cancer de vessie. Pour les auteurs de l’étude, « la prévention du cancer de vessie passe par la consommation de brocoli, même à des doses inférieures à celles utilisées pour le test » . J Am Ass for Cancer Research, 2008. RESUME DES PRINCIPAUX RESULTATS DECRITS DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE
Effets répertoriés en cancérologie : effet antiprolifératif effet anti invasion tumorale (inhibition de la capacité à métastaser) effet anti angiogénique diminution de la chimio et radiorésistance agent préventif anti cancéreux ( protection contre certains cancérigènes et radicaux libres) Effets répertoriés en études précliniques : Agent protecteur de la toxicité d’agents cancérigènes ou radiations ionisantes (carcinomes coliques, duodénum, oesophage, estomac, foie, sein, leucémies, ORL, prostate, peau) Inhibition prolifération tumorale in vitro Activité anti tumorale chez l’animal, avec synergie d’action et potentialisation de l’action de chimiothérapie Mécanismes d’actions en études cliniques : Tolérance chez l’Homme jusqu’à 12 g/ jour (étude phase I) Activité anti-inflammatoire et anti-rhumatismale (douleurs rhumatismales, et après chirurgie pour hydrocèle / hernies inguinales-scrotales : 400mg trois fois par jour de curcumine similaire à 300 mg de phénylbutazone, anti inflammatoire de synthèse)
Action réduction de symptômes dans les tumeurs cutanées : réduction de production d’odeurs,
sécrétions et douleurs ; diminution taille tumorale. Effets préventifs sur de multiples cancers : effet sur des lésions précancéreuses de cancer de vessie, maladie de Bowen, carcinome in situ du col de l’utérus, leucoplasie orale, métaplasie intestinale de l’estomac, infection à Helicobacter pylori (estomac). Ces études cliniques ont montré des passages à des tumeurs malignes sous traitement mais chez un nombre important de patients une régression histologique avérée.
Selon la qualité des curcumines, seulement 5 à 60% de la curcumine prise seule est absorbée par la muqueuse intestinale et passe dans le sang pour une diffusion dans l’organisme. L'ajout de 1 % de poivre permet une meilleure assimilation. L’association de corps gras (huile de poisson, acides gras essentiels, huile d’olive, huile de colza) améliore aussi l’absorption, ainsi que la broméline (présente dans l’ananas) ou le gingembre Des études montrent une potentialisation de l’action anticancéreuse de la radiothérapie par le curcuma, ainsi qu'une action protectrice des effets secondaires. Mais il n’y a pas à ce jour d’études cliniques chez l’homme l’intégrant dans une pratique quotidienne. Ainsi, il est recommandé d’en discuter avec son radiothérapeute car cette potentialisation pourrait ne pas être souhaitable suivant le type de cancer.