Curcuma et cancer

Publié le par Dao

Le curcuma en prévention du cancer et en accompagnement du traitement Le Curcuma longa, racine jaune de la famille du gingembre, fait partie des plantes protectrices mentionnées dans des traités de santé gravés sur des tablettes de pierre datant d’environ 3000 ans avant JC. Il est extrait du rhizome (la racine) d’une plante qui donne une très belle fleur rose (que l’on trouve chez les fleuristes !) Il est très utilisé en Inde, pour la préparation de mets à base de curry, où il se trouve traditionnellement associé au poivre. La curcumine (une des molécules du curcuma la plus active biologiquement) est une substance aux propriétés anti-oxydantes, anti-carcinogènes (c'est-à-dire avec effets protecteurs anti-pollution), anti-inflammatoires et anti-cancéreuses, notamment cancers du colon, du système digestif et autres cancers (en cours d’études). Son utilisation a été conseillée dans les cas suivants :  Arthrite rhumatoïde, inflammations articulaires et troubles auto immunitaires  Prévention des inflammations cardio-vasculaires et en cas de prédisposition aux thromboses  Troubles gastro-intestinaux, (Crohn, colites, dyspepsie, …)  Sclérose en plaques (S.E.P)  Démence, prévention d’Alzheimer  Réductions des inflammations et lésions de la peau et au cours des radiothérapies  Réductions des inflammations du poumon, asthme  Régénération des cellules hépatiques (alcool, polluants hépatiques, etc.)  Obésité (dégradation des molécules des graisses et du cholestérol)  Lutte contre les infections virales et les inflammations générales Ces conseils d'utilisation s'appuient sur une recherche scientifique récente et encore à compléter mais crédible. Des mises à jour seront nécessaires avec l’avancée des connaissances. Toutefois, des recommandations sont déjà nécessaires pour donner des repères à chacun et éviter des prises inutiles voire une réduction d’efficacité des traitements anti-cancéreux par une utilisation non orientée. En matière de cancers on peut distinguer l'utilisation en prévention et l'utilisation associée aux traitements. Utilisation du curcuma en prévention ou en protection d’une pollution potentiellement cancérigène  doses recommandées de 300 à 600 mg de curcumine par jour, soit 1 à 2 cuillères à soupe de curcuma (+ 1% de poivre noir)  potentialisée par la prise alimentaire de brocolis / choux (présence de sulfuraphane notamment ayant un effet neutralisant de certains polluants *) Utilisation du curcuma comme anti-inflammatoire pendant les traitements En accompagnement des traitements, les doses sont augmentées :  1 cuillère à soupe, qui correspond à environ 300 mg de curcumine, à mélanger à du poivre noir ( qui représentera 1% environ de la quantité dans la cuillère à soupe)  à … 4 cuillères à soupe dans les inflammations aigues (= 1200 mg environ de curcumine), selon l’effet constaté. Inutile d’aller au delà en terme de quantité. Utilisation du curcuma associé avec la chimiothérapie On peut associer le curcuma avec certaines chimiothérapies pour lesquelles nous avons des éléments expérimentaux de synergie d’action / potentialisation de l’efficacité de la chimiothérapie, à savoir :  GEMCITABINE (Gemzar®)  PACLITAXEL (Taxol®)  DOCETAXEL (Taxotère®)  OXALIPLATINE (Eloxatine®) En dehors de ces 4 chimiothérapies, en l’absence à ce jour d'éléments suggérant une synergie d’action du curcuma avec la chimiothérapie, il est recommande de prendre le curcuma en dehors de la période d’action thérapeutique de la chimiothérapie. Il paraît notamment souhaitable d’éviter la prise de curcuma le jour des chimiothérapies, et le ou les jours suivants, selon la durée d’action recherchée de la chimiothérapie. Il existe un risque d’inhibition partielle de l’efficacité des chimiothérapies suivantes :  CAMPTOCHÉCINE (Campto®)  DOXORUBICINE (Adriamycine®)  MÉCHLORÉTHAMINE et CYCLOPHOSPHAMIDE (Endoxan®)  VINCRISTINE (Oncovin®) Il est donc nécessaire d’obtenir l’aide de son oncologue chimiothérapeute pour définir la période de prise du curcuma s’il est pris à des doses élevées (au delà d’une cuillère café par jour

Utilisation du curcuma associé avec la radiothérapie

 



Recommandations d’usage

 



Des laboratoires proposent des gélules d’extraits de curcuma qui sont alors de la curcumine (principe actif isolé), souvent associées à de la pipérine (extrait du poivre) : les doses vont varier suivant les laboratoires. Certains laboratoires l’associent avec de la broméline (trouvé dans l’ananas notamment) qui améliore également l’absorption.

Recommandations particulières Pas de recommandations particulières si la curcumine est absorbée en doses alimentaires (moins d’une cuillère à café par jour de curcuma). En cas de prise d’anticoagulants et d’antiplaquettaires (risque d’hémorragies), ou dans les cas d’ulcéres gastro-duodénaux, et de calculs biliaires, ne pas dépasser 300 mg de curcumine (soit 1 cuillère à soupe de curcuma) tous les deux jours. Prise de fortes doses déconseillées pendant la grossesse par précaution. Bien qu’on ne signale aucun cas d’effet indésirable lié à la consommation de curcuma durant la grossesse compte tenu de leur importante consommation par les populations indiennes sans effet secondaire à ce niveau, certains auteurs estiment cependant qu’en raison de son emploi « traditionnel » pour traiter l’aménorrhée (absence de menstruations), les femmes enceintes devraient éviter de prendre de fortes doses de curcuma ou d'extrait de curcuma.


Dr Jean Loup Mouysset oncologue médical Aix en Provence Président fondateur de l’association Ressource Soutien des personnes atteintes de cancer et leur entourage www.association-ressource.org * Des chercheurs de l’institut de Roswell Park (New York) ont testé plusieurs régimes sur 5 groupes de souris. Le premier groupe a eu une régime « standard ». le second groupe a été nourri avec du concentré de brocoli afin de vérifier l’innocuité du concentré. Les 3 autres groupes ont reçu de la N-butyl-N-Nitrosamine, connu provoquer des cancers de vessie. Deux de ces groupes ont également reçu du concentré de brocoli riche en sulfuraphane. Résultats : dans le groupe contrôle et le groupe nourri avec du brocoli, aucune tumeur ne s’est déclarée dans la vessie des rats. Dans le groupe recevant de la nitrosamine, 96% des rats ont eu des tumeurs. Par comparaison, seulement 38% des rats ayant reçu de la nitrosamine accompagnée de brocoli à haute dose ont développé un cancer de vessie. Pour les auteurs de l’étude, « la prévention du cancer de vessie passe par la consommation de brocoli, même à des doses inférieures à celles utilisées pour le test » . J Am Ass for Cancer Research, 2008. RESUME DES PRINCIPAUX RESULTATS DECRITS DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE

Effets répertoriés en cancérologie : effet antiprolifératif effet anti invasion tumorale (inhibition de la capacité à métastaser) effet anti angiogénique diminution de la chimio et radiorésistance agent préventif anti cancéreux ( protection contre certains cancérigènes et radicaux libres) Effets répertoriés en études précliniques : Agent protecteur de la toxicité d’agents cancérigènes ou radiations ionisantes (carcinomes coliques, duodénum, oesophage, estomac, foie, sein, leucémies, ORL, prostate, peau) Inhibition prolifération tumorale in vitro Activité anti tumorale chez l’animal, avec synergie d’action et potentialisation de l’action de chimiothérapie Mécanismes d’actions en études cliniques : Tolérance chez l’Homme jusqu’à 12 g/ jour (étude phase I) Activité anti-inflammatoire et anti-rhumatismale (douleurs rhumatismales, et après chirurgie pour hydrocèle / hernies inguinales-scrotales : 400mg trois fois par jour de curcumine similaire à 300 mg de phénylbutazone, anti inflammatoire de synthèse)

Action réduction de symptômes dans les tumeurs cutanées : réduction de production d’odeurs,

sécrétions et douleurs ; diminution taille tumorale. Effets préventifs sur de multiples cancers : effet sur des lésions précancéreuses de cancer de vessie, maladie de Bowen, carcinome in situ du col de l’utérus, leucoplasie orale, métaplasie intestinale de l’estomac, infection à Helicobacter pylori (estomac). Ces études cliniques ont montré des passages à des tumeurs malignes sous traitement mais chez un nombre important de patients une régression histologique avérée. 




Selon la qualité des curcumines, seulement 5 à 60% de la curcumine prise seule est absorbée par la muqueuse intestinale et passe dans le sang pour une diffusion dans l’organisme. L'ajout de 1 % de poivre permet une meilleure assimilation. L’association de corps gras (huile de poisson, acides gras essentiels, huile d’olive, huile de colza) améliore aussi l’absorption, ainsi que la broméline (présente dans l’ananas) ou le gingembre Des études montrent une potentialisation de l’action anticancéreuse de la radiothérapie par le curcuma, ainsi qu'une action protectrice des effets secondaires. Mais il n’y a pas à ce jour d’études cliniques chez l’homme l’intégrant dans une pratique quotidienne. Ainsi, il est recommandé d’en discuter avec son radiothérapeute car cette potentialisation pourrait ne pas être souhaitable suivant le type de cancer.
Publicité

Publié dans Santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article